Ce n'est pas un scoop, tout le monde connait Gilles Goujon, chef triplement étoilé depuis un an, et star des Corbières.
Ce n'est pas raisonnable, mais j'ai eu la chance d'y déjeuner royalement… Impossible de raconter ici le menu, les intitulés prennent une page, les explications deux. 
L'important, c'est que ça marche. Qu'un chef soit assez fou pour s'installer dans une montagne déserte, loin de tout, et d'y faire l'un des meilleurs restaurants du monde. En puisant dans les savoir-faire locaux, les produits des environs. Mais surtout en laissant son inventivité déborder, déraper, s'enflammer dans toutes les directions. 
Ce qui me plait, finalement, c'est que ça caractérise finalement assez bien ces Corbières mal-aimées, désertées, promises à l'entrée de gamme, quoi qu'elles fassent. L'auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse montre le contraire. Ici on peut créer, on peut exceller. Et on est surtout plus libre qu'ailleurs ! A Pauillac, à Avignon, à Beaune, les traditions auraient emprisonné le chef dans des conventions qu'on ne peut pas briser si facilement.
Pareil dans le vin. On se sent libre dans cette partie du sud de la France. Et même sans avoir la prétention des trois étoiles, pas mal de jeunes vigneron dans le respect des traditions dans le vin donnent un autre visage à la production. Dans un paysage viticole globalement sinistré, cette visite chez Goujon redonne le moral !
NB : bien entendu, la cave à vin est exceptionnelle, et on peut y découvrir toutes les merveilles des environs… Dont Agapê.